Antoine Van Leeuwenhoek (1632-1723) était un remarquable chercheur même si son nom n’est qu’à peine connu du public. Il résidait à Delft, en Hollande, et son métier, fournisseur en tissu, ne le prédisposait pas à la gloire scientifique. Il n’avait pas reçu de préparation scientifique et fut placé comme novice chez un drapier d’Amsterdam.
La curiosité le poussera cependant a révolutionner le monde de l’infiniment petit.
C’est, dit-on, en utilisant des perles de verre comme compte-fils qu’il eut l’idée de partir à la découverte du monde infime caché dans les dépôts entre ses incisives, dans l’eau des lagons ou dans son sperme. Cette ultime réflexion fit impression dans la bonne société cultivée européenne car personne n’aurait pu imaginer qu’il y a dans la semence des animaux et de l’homme des “animaux semblables à des têtards.”
Une lentille créée avec une minuscule bille de verre ( sertie dans une patte métallique ) lui servait de Microscope. L’échantillon était placé sur une pointe métallique, solidaire du support et que l’on déplaçait face à la lentille pour en explorer le contenu. L’ensemble était tenu très près de l’œil, face à la lumière, et permettait d’obtenir des grossissements allant jusqu’à trois cents.
Notre but est donc de fabriquer un microscope en nous inspirant du principe appliqué par ce pionnier : une seule lentille, formée d’une simple perle de verre sertie dans une plaque permettant de la manipuler.
Nous ne pourrions logiquement pas observer des cellules de quelques dizaines de micromètres. Avec le microscope, cette expérience devient tout à fait possible car nous pouvons observer des objets d’un millième de millimètre.
Il faut d’ailleurs signaler que si van Leeuwenhoek a observé et décrit de nombreux types de cellules, il n’a pas réalisé que tous les êtres vivants sont formés d’un assemblage plus ou moins complexe de ces unités.
Toutefois, il ne suffisait pas d’observer ces cellules pour comprendre qu’elles constituent les unités de structure et de fonctionnement des êtres vivants et il ne faut donc pas s’étonner qu’il ait fallu deux cents ans entre les premières observations de cellules correctement décrites et la conception d’une “théorie cellulaire” par Schwann, idée qui souffrait d’ailleurs de nombreuses imperfections.
Quoiqu’il en soit, les recherches de Van Leeuwenhoek ont ouvert les portes d’un nouveau monde et l’inspection microscopique du monde vivant fut une fondation principale aux évolutions futurs des sciences de la vie.

